Les citations suivantes sont extraites du livre de Sally Shafto Les Films Zanzibar et les dandys de Mai 1968, aux Éditions Paris Expérimental, Collection Classiques de l’avant-garde n°13 (Paris, 2007)
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“Avant Dreamers (2003) de Bernardo Bertolucci, très peu de films de fiction ont pris pour sujet Mai 68, malgré la pérennité de cette période dans l’histoire française. Au printemps 1968, Bertolucci était à Rome où il tournait Partner avec Pierre Clémenti et Tina Aumont. Il vivait Mai 68 par procuration, interrompant même son tournage pour permettre à son acteur d’aller filmer à Paris. Pour Anne Wiazemsky, qui a participé aux événements de Mai 68, Dreamers donne à la fois une idée juste et émouvante de cette période. Elle se souvient avoir participé , en 1968 avec ses amis cinéphiles, à des jeux fondés sur leur connaissance réciproque des films vus à la Cinémathèque française, tout juste comme les trois personnages de Dreamers. Mais malgré cet aspect apparemment fidèle du film, on est quand même forcé de constater que Dreamers est bien fade en comparaison des films Zanzibar, tous réalisés aux alentours de Mai 1968 et financés par l’héritière Sylvina Boissonnas.” [p.13]
“Les films du groupe Zanzibar – du nom d’un archipel mythique de l’océan Indien – alors maoïste, ont été tournés autour de Mai 68 et produits par Sylvina Boissonnas, la fille de Sylvie, à fonds perdus. Dans les films nés de ce mécénat exemplaire et qui ont sombré dans l’oubli après les événements, s’expriment ouvertement les idées de Mai 68. Leurs auteurs, nés pendant ou juste après la Seconde Guerre mondiale, appartiennent à cette génération que François Ricard a qualifiée de ‘lyrique’. Ils sont venus au monde avec joie et regardent la réalité comme un immense terrain de jeu qu’ils modèlent selon leurs désirs.”